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Poor but Proud

Rencontre dans le tram

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La dernière expérience d’Eliott : il rentre chez lui en tram : là, une blonde. Mignonne, négative, hautaine, elle le fixe. Il soutient le regard.

Encore une lolita qui provoque une minute avant de rebrousser illico.

Les gens se bousculent pour entrer : la blonde le suit et s’assoit à côté. Eliott descend à Saint-André, il pleut des cordes. La fille lui emboîte le pas. En passant devant l’église, signe de croix virtuel : Eliott marmonne : « Faites qu’au milieu du vent gisent deux beaux oiseaux en pleine étreinte ». Il ralentit la marche; la fille suit son pas; tout est dans le fantasme; le regard; l’électricité. Rien de bien palpable. Pourtant il pleuvait fort sur la grand route, gouttes au front, elle était là, qui cheminait sans parapluie. Il se retourne, la regarde et lui dit : « Vous voulez profiter un peu de mon parapluie ? »

La fille n’a pas hésité une seconde. Ils marchent ensemble. Elle lui propose de boire un verre dans un bar.

Ils s’installent. Sortent du bar. Eliott la suit. L’ascenseur de bois, petit, étroit, les amène au 3e étage. En apesanteur.

Ils boivent à nouveau, puis la fille colle ses lèvres à celles d’Eliott. Les mains habiles enlèvent le pull, toutes les couches jusqu’à l’épiderme. Il embrasse, baise, suce, lèche. Le corps de la fille est mince; sans fesses; sans chair; sans formes; il glisse osseux entre ses mains.

La fille saisit ce qu’il reste de mou, étrangement et désespérément mou. Ce jour-là Eliott n’a pas bandé.

Peut-être trop vu de pornos, charnues, gonflées ? Ou bien tout est allé trop vite. La pénétration est parfois un sacerdoce qu’on n’accorde pas aux inconnues du tram; et puis cette blonde n’avait pas fait grand chose pour l’endurcir.

Une fois sorti de chez elle, ses oreilles ont flâné contre le coin de la porte. La fille appelait sa meilleure amie : « J’ai rencontré un mec, dans le tram, tu devineras jamais ! Je l’ai fait monter chez moi, on était sur le point de baiser mais il bandait pas! Tu crois que je l’excite pas?»

 

 

 

 

janvier 18, 2008 - Posté par mitchelle | actu, fictif | | Un commentaire

Un commentaire »

  1. C’est le fameux fantasme de l’inconnue du tram… mais parfois nos fantasmes sont trop forts pour nous…

    Commentaire par Elliot | janvier 28, 2008 | Répondre


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