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Poor but Proud

Interim en lingerie 6: je pète les plombs !

 Le comptage va me rendre dingue

A compter 7 heures d’affilée par jour, sans réfléchir, sans parler, sans rien d’autre, je me demande si je ne commence pas à péter les plombs. Je rentre le soir de l’usine après avoir passé 7 heures, 7 fois 60 = 420 minutes, à scanner des codes barres

mon cerveau se met à déglinguer à nouveau le soir. Il se tait tôt parce qu’il s’endort de fatigue, mais il déglingue quand même : « C’est ça ta vie ! Tu comptes à longueur de journée ! Tu comptes encore ! Tu vas devenir dingue ! » C’est juste l’histoire d’un mois, mais ça promet. Seule, isolée, préprogrammée pour les tâches de comptage. Mon cerveau tout entier dédié à cette tâche, se saoûle s’enivre se fatigue.

J’ai tenté de prendre un calmant comme m’avait conseillé le psychédélique. La moitié seulement, parce que la notice m’a foutu les jetons : « Si vous vous mettez à agresser des gens, consultez votre médecin ». Franchement j’ai eu peur. Je suis une non-violente, quand même, même si mon cerveau se déglingue. Donc j’ai avalé la moitié de mon calmant. Pendant la pause : discrètement :

avec un gobelet et l’eau de la machine. L’eau sort par un embout tartiné de rouge à lèvres des femmes des bureaux. Elles remplissent leur bouteille d’eau tartinée de rouge qu’elles collent à l’embout de la machine, ça donne de l’eau parfumée et crasseuse un délice. J’avale mon calmant à l’eau crasseuse.

Une heure plus tard je me dirige vers Françoise, face à son bureau où ses jambes sont allongées.

 Je me baisse, me saisis de ses talons aiguilles. Troue son bureau, son écran d’ordi, cartons, pistolet, boîtes, barquettes, vitre des chefs, crâne d’oeuf du chef, à coups de pioche de talons pointus noir brillant. Mon cerveau s’est déglingué sous l’effet du calmant. Je tiens toujours mon pistolet mais je rêve à ces talons pioches et les pleurs coulent sous mes yeux, fatigue, solitude mentale, comptages, usine. Intérim. Un mois. Ca promet.

mars 24, 2008 - Posté par mitchelle | les histoires de Mitch | | Pas encore de commentaires

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